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  • JB Lenoir

    L’hommage de John Mayall à JB Lenoir mort en avril 1967, un bluesman très engagé.

    Dans la série des films documentaires sur le blues, réalisés à la demande de Martin Scorcese , Wim Wenders lui a consacré celui ci :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Soul_of_a_Man

  • Circonvolutions cachées

    L’irruption soudaine
    De cette discontinuité
    Inscrit notre inconduite
    Dans les replis cachés
    De nos volontés

    Je suis la douceur
    De ta décision ciseler
    Cette impression
    Mutable, mon altérité

    Sur mon ventre déclive
    Ton intention dévisse
    Contenue et attentive

    Sur ma peau secrète
    Les circonvolutions

    De ta fougue

  • Arbitraire, indignation et subjectivité prescriptive

    Ce qui me terrifie dans l’adhésion inconditionnelle à la subjectivité, à l’intuition, c’est cette proclamation rageuse de l’arbitraire, la subordination du jugement au profit de l’indignation. On substitue le descriptif au prescriptif au prétexte d’une indignation morale.

    L’injonction de la sincérité profonde et authentique légitime un étalage viscéral pour seul argumentation, comme si les raisons étaient des causes.

    C’est un raisonnement à rebours, qui met au même niveau, raisons et causes. Une sorte de finalisme causal, le prescriptif devant le descriptif, où toute contingence est par définition exclue au profit d’une intention téléologique.

    Les militants procèdent de cette manière en espérant tirer profit de la polarisation du débat. Ils sautent allègrement à ce qu’il faudrait en fonction de ce qu’ils croient être.

    Les libertariens ont phagocyté l’idéal libertaire en imposant la primauté de l’individuel sur le collectif. Les Lumières s’éteignent sous les coups de butoir des rageux. Kropotkine était un scientifique darwiniste là où Trump est le porte-parole de la droite religieuse et ultra libérale. 

    Les populistes, les complotistes de tout poil, les zélateurs de la Vérité révélée sont les Gardiens jaloux des libertés individuelles comme l’écho lointain de Poujade et du général Boulanger. Ils ont en commun une posture anti science, une adhésion sans recul à leurs intuitions et un confusionisme sciemment orchestré.

    Quand la Raison oublie qu’elle doit s’en tenir aux causes, elle se fait caution de la loi du plus fort et laisse triompher les tribuns providentiels. Lorsque l’indignation subordonne l’argumentation, on relègue la raison et la science à de vulgaires points de vue.

    Le doute épistémique n’est pas un marche pied vers un tribunal du soupçon.

  • Chaconne partita n°2

    https://youtu.be/ngjEVKxQCWss

    JS Bach dans toute sa sobriété et son génie

    Une œuvre profonde d’intériorité et d’émotions contenues

    Et cette interprétation sert magnifiquement l’œuvre intemporelle

  • Puits & sablier

    Ton souffle égraine
    Ta vie ruisselant
    Sur mes joues

    Cette source subtile
    Sur ma peau
    M’insuffle ton hard’heure

    Nous épuisons l’espace,
    La respiration
    Comme un sablier,
    D’une dune fuyant
    Entre nos lèvres

    Le temps désarticulé

  • Les Forces éternelles/La jeunesse des morts

    Anna de Noailles

    LA JEUNESSE DES MORTS

    Le Printemps appartient à ceux qui lui ressemblent,
    Aux corps adolescents animés par l’orgueil,
    À ceux dont le plaisir, le rire, le bel œil
    Ignorent qu’on vieillit, qu’on regrette et qu’on tremble.
    — Ô guerrière Nature, où sont ces jeunes gens ?
    Quel est ton désespoir lorsque saigne et chancelle
    La jeunesse, qui seule est fière et naturelle
    Et brille dans l’azur comme un lingot d’argent ?
    Ces enfants, bondissant, partaient, contents de plaire
    Au devoir, à l’honneur, à l’immense atmosphère,
    Aux grands signaux humains brûlant sur les sommets.
    Ils dorment, à présent, saccagés dans la terre
    Qui fera jaillir d’eux ses rêveurs mois de mai…
    — Songeons, le front baissé, au glacial mystère
    Que la Patrie en pleurs, mais stoïque, permet.

    Ils avaient vingt ans, l’âge où l’on ne meurt jamais…

    https://fr.m.wikisource.org/wiki/Les_Forces_%C3%A9ternelles/La_jeunesse_des_morts

  • Amoral dessein

    Prescriptive incarnation de ma pensée 
    Entre tes seins, je puise ma raison
    Le creux de ton ventre 
    Infère mes volontés

    Avec ton regard comme prémisse,
    Et ta caresse, cette proposition,
    Eclot le mystère du sens
    Qui se dénoue entre nos lèvres
    Pour que s’entremêlent 
    Nos corps et, nos esprits
    Révélés et, le vertige
    De l’abîme dualiste 
    Enfin comblé

  • Élégante ligature

    Étole jointive
    Tissée de filaments
    Nous entrelace
    Suave renoncement

    Mon étrave
    Gracile entravée
    Tu m’éprends douce
    Ligature confondante
    D’attachements croisés
    En ligaments assoupis

    Retenue de suavité
    Et tendue, exhale
    Mon exsurgence
    Éloquente shibari
    Ruisselante déliée

    Librement consent

  • Sourire rédempteur

    Mon tribunal intérieur est une instance vociférante qui jamais ne cesse de m’imposer ses intuitions sentencieuses. Volontiers, il censure mes appétences, pour mon plus grand bien sans doute. 

    Le ventre de mon esprit n’est pas ignifugé, une étincelle sur ta peau suffit à le faire s’embraser. L’évocation de ta taille dévêtue est mise à l’index sitôt surgie la licencieuse image .

    L’appel à la culpabilité ne tarde pas. Nulle ficelle n’est trop grossière pour ce juge puritain. Il use de l’artifice, dévoilant à ma concupiscence ton sourire comme une invitation et se targue alors de m’avoir surpris, le cœur battant la chamade, pour mieux instruire ma contrition.

    Par ces fils que je rêve de te dévêtir, il m’empêtre. Ta plaidoirie viendra me libérer, de ton prêche viendra mon absolution.

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