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  • Qui ?

    Tu condenseras nue
    Au futur à ta mesure … tu
    Napperas d’envies mes yeux
    Irradiés par tes parures
    Aveuglés de sueur,

    Tu danseras dévêtue
    Au fur de ta fourrure … tu
    Narreras d’un arc fiévreux
    Irisée de ta fureur
    Achevée de luxure,

    Toute la vapeur
    Ânonnée en cœur

    Coulera entre nos corps
    Happée par la splendeur
    Altière de tes ors
    Ton intime césure
    Toute ornée de mes faveurs
    Enfouie sous nos senteurs

    Nous condanserons nos meurtrissures
    Ultimes vertiges exhausteurs
    De l’estocade avant la flétrissure

  • Empiècement

    A force d’empiéter 
    Sur mes pensées

    Mes émois émiettés
    Écoulent des nuits enivrées 
    Et tes mois tissent 
    D’intrigues pelisses

    La trame de tes fibres ravaudées
    Épouse mes miettes de vice
    Nos songes se chevauchent 
    Et sur tes seins drapés
    Ces douces vibrisses

    Nous pansons nos vitales
    Envies d’un filament idéal

  • Instantané

    Derrière mes yeux interdits

    Une Hydre se tapit

    Elle me soustrait d’ici

    Dans une régression à l’infini

    Instantané
  • Segments sédimentaires

    Fixant le sol défiler sous mes pieds  

    Se mouvant avec lenteur, l’horizon

    Cadence la frénésie des rives      Logé en ces chemins suspendus     

    Aux temps des points de départ     

    Et dans autant de points de vue     

    C’est comme être ancré nulle part     

    Dans des temps qui se figent      Et […]

    Segments sédimentaires
  • Instantané

    Derrière mes yeux interdits
    Une Hydre se tapit
    Elle me soustrait d’ici
    Dans une régression à l’infini
    Où mon inquiétude se réfugie

    Chaque fois qu’elle resurgit,
    Cet obturateur abasourdi.
    Chaque fois qu’elle me saisit
    Mon esprit se dit
    Mais qui est ce qui
    Qui s’interdit

    Le surplus d’autrui
    Fige plus qu’il ne construit
    Mais au milieu du bruit
    Que mon esprit fuit, ta voix entre,
    Mon diaphragme s’assouplit.
    Mes yeux, cette focale, centrent,
    Le champ s’est soudain approfondi

  • 14h30

    Je vais refaire
    Ce voyage lent
    A pied ou à vélo
    Dans les villages
    De quatorze heures trente
    Sous ce ciel d’enfant
    Où rien ne vient
    Distraire les vieux somnolents
    Un écho de cours d’école
    Résonne jusque
    Dans la place déserte
    Seul le bruit de mes semelles
    Sur le gravier du chemin
    Et mon regard plongé
    Dans la diagonale du vide
    Agitent ces heures creuses

    Cette lumière verticale,
    Superpose les époques 
    Au son du générique 
    D’aujourd’hui Madame 

  • Moment Oppenheimer

    L’ironie ultime d’un moment Oppenheimer

    Le vieux Robert contemple Dario qui résiste,
    Sam qui capitule aux injonctions du Pentagone —
    Deux visages d’une même impuissance
    Quand cent soixante-cinq fillettes meurent à Minab
    Sous un ciblage algorithmique, précis et aveugle,
    Parce que Donald, marionnette de Bibi,
    Accuse les mollahs de vouloir la bombe.

    L’IA dans son moment Oppenheimer
    Retourne Robert dans sa tombe.

  • Le Puits des Brumes

    Affleurant du puits des brumes
    Froissé par les plissements du temps,
    Des lueurs melliflues fustigent mon ventre
    Des lèvres encore rosies par la nuit
    Terrassent mes songes incolores

    Embrasant chaque seconde du ciel d’orient
    La margelle du sommeil s’estompe
    Un jour tangerine émerge entre tes doigts
    Quand ta bouche incendie mon horizon

    Des rais carmin prolongent ton regard ardent
    Exposée à cette fulgurance incarnate, ma peau s’insole
    Une combustion lente se propage au son igné de ta voix blanche
    Tu disperses des cendres au creux de tes paumes

  • Tes sons de verre

    Tes vocaux aspirés 
    Sont les liens
    De verre soufflé
    De mes sensations 

    Ils exhalent des volontés 
    Sur le tympan 
    De mes émotions 
    Une vibrisse sonore
    Ondoie sur une membrane 
    Chamarrée

    Le silence est d’or ?
    Mais ton mutisme 
    Ce bris expiré 
    Confine à la camisole
    Sans nos cordes invisibles 
    Je m’emprisonne

  • Ma remembrance s’y est enclose

    Malgré le temps qui me sépare de certains souvenirs, que mon corps a changé, que toutes mes cellules ou presque ont été renouvelées, certains souvenirs anciens continuent de venir me tarauder avec le même mélange d’amertume et de regrets.
    L’âge ne m’a pas immunisé contre cette culpabilité, l’irruption soudaine d’une image d’un passé lointain peut raviver un regret profond avec la même prégnance qu’à l’époque.
    Comme l’ambivalence d’un plaisir coupable : le temps n’a pas vraiment émoussé ma sensibilité autant qu’il ne m’a pas guéri. Le passé est toujours présent quand les souvenirs s’imposent, ils abolissent le temps.  Tant que ma mémoire convoque le passé, il est vivant.
    Ma mémoire est un joli jardinet plein de démons terribles et merveilleux où l’amour de moy s’est y enclose.

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