Le paradoxe de l’indicible
La poésie dirait l’indicible ? L’ineffable ?
Mais dire l’indicible, outre l’oxymore, c’est juste montrer que cet indicible nécessitait une forme particulière d’expression pour entrer dans le dicible.
Cette forme particulière d’expression restait jusqu’alors cachée.
Il n’était donc pas indicible, seulement non encore exprimé correctement.
Ce constat initial relevait probablement d’un piège du langage commun
Si quelque chose est indicible, il est vain de tenter de le dire, y parvenir montre seulement qu’il ne l’était pas.
Mais ce n’est pas non plus une frontière qui a bougé, car si il y avait une frontière, on verrait de l’autre côté de la limite, et on pourrait le dire, il ne serait donc pas indicible.
C’est une expérience qui s’accroît de l’intérieur, comme l’expansion de l’univers.
Un accroissement de la densité duquel jaillit le sens d’un encore informulé à un révélé, c’est le franchissement de cette limite qui est impossible de situer dans le temps,
La limite temporelle est non mesurable, et le constat se fait à posteriori
Il y avait là, un informulé qui est définitivement devenu du dicible et ne sera plus, par définition, par construction, un indicible
Peut-être même est ce une différence ontologique entre ineffable et indicible.
L’ineffable attend la forme appropriée de son expression
L’indicible ne sera jamais dit, et ne peut exister, car si déjà on peut l’envisager alors c’est qu’il n’est pas indicible.