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  • Qui ?

    Tu condenseras nue
    Au futur à ta mesure … tu
    Napperas d’envies mes yeux
    Irradiés par tes parures
    Aveuglés de sueur,

    Tu danseras dévêtue
    Au fur de ta fourrure … tu
    Narreras d’un arc fiévreux
    Irisée de ta fureur
    Achevée de luxure,

    Toute la vapeur
    Ânonnée en cœur

    Coulera entre nos corps
    Happée par la splendeur
    Altière de tes ors
    Ton intime césure
    Toute ornée de mes faveurs
    Enfouie sous nos senteurs

    Nous condanserons nos meurtrissures
    Ultimes vertiges exhausteurs
    De l’estocade avant la flétrissure

  • Segments sédimentaires

    Fixant le sol défiler sous mes pieds  

    Se mouvant avec lenteur, l’horizon

    Cadence la frénésie des rives      Logé en ces chemins suspendus     

    Aux temps des points de départ     

    Et dans autant de points de vue     

    C’est comme être ancré nulle part     

    Dans des temps qui se figent      Et […]

    Segments sédimentaires
  • Instantané

    Derrière mes yeux interdits
    Une Hydre se tapit
    Elle me soustrait d’ici
    Dans une régression à l’infini
    Où mon inquiétude se réfugie

    Chaque fois qu’elle resurgit,
    Cet obturateur abasourdi.
    Chaque fois qu’elle me saisit
    Mon esprit se dit
    Mais qui est ce qui
    Qui s’interdit

    Le surplus d’autrui
    Fige plus qu’il ne construit
    Mais au milieu du bruit
    Que mon esprit fuit, ta voix entre,
    Mon diaphragme s’assouplit.
    Mes yeux, cette focale, centrent,
    Le champ s’est soudain approfondi

  • 14h30

    Je vais refaire
    Ce voyage lent
    A pied ou à vélo
    Dans les villages
    De quatorze heures trente
    Sous ce ciel d’enfant
    Où rien ne vient
    Distraire les vieux somnolents
    Un écho de cours d’école
    Résonne jusque
    Dans la place déserte
    Seul le bruit de mes semelles
    Sur le gravier du chemin
    Et mon regard plongé
    Dans la diagonale du vide
    Agitent ces heures creuses

    Cette lumière verticale,
    Elle me reconduit

  • Moment Oppenheimer

    L’ironie ultime d’un moment Oppenheimer

    Le vieux Robert contemple Dario qui résiste,
    Sam qui capitule aux injonctions du Pentagone —
    Deux visages d’une même impuissance
    Quand cent soixante-cinq fillettes meurent à Minab
    Sous un ciblage algorithmique, précis et aveugle,
    Parce que Donald, marionnette de Bibi,
    Accuse les mollahs de vouloir la bombe.

    L’IA dans son moment Oppenheimer
    Retourne Robert dans sa tombe.

  • Le Puits des Brumes

    Affleurant du puits des brumes
    Froissé par les plissements du temps,
    Des lueurs melliflues fustigent mon ventre
    Des lèvres encore rosies par la nuit
    Terrassent mes songes incolores

    Embrasant chaque seconde du ciel d’orient
    La margelle du sommeil s’estompe
    Un jour tangerine émerge entre tes doigts
    Quand ta bouche incendie mon horizon

    Des rais carmin prolongent ton regard ardent
    Exposée à cette fulgurance incarnate, ma peau s’insole
    Une combustion lente se propage au son igné de ta voix blanche
    Tu disperses des cendres au creux de tes paumes

  • Tes sons de verre

    Tes vocaux aspirés 
    Sont les liens
    De verre soufflé
    De mes sensations 

    Ils exhalent des volontés 
    Sur le tympan 
    De mes émotions 
    Une vibrisse sonore
    Ondoie sur une membrane 
    Chamarrée

    Le silence est d’or ?
    Mais ton mutisme 
    Ce bris expiré 
    Confine à la camisole
    Sans nos cordes invisibles 
    Je m’emprisonne

  • Ma remembrance s’y est enclose

    Malgré le temps qui me sépare de certains souvenirs, que mon corps a changé, que toutes mes cellules ou presque ont été renouvelées, certains souvenirs anciens continuent de venir me tarauder avec le même mélange d’amertume et de regrets.
    L’âge ne m’a pas immunisé contre cette culpabilité, l’irruption soudaine d’une image d’un passé lointain peut raviver un regret profond avec la même prégnance qu’à l’époque.
    Comme l’ambivalence d’un plaisir coupable : le temps n’a pas vraiment émoussé ma sensibilité autant qu’il ne m’a pas guéri. Le passé est toujours présent quand les souvenirs s’imposent, ils abolissent le temps.  Tant que ma mémoire convoque le passé, il est vivant.
    Ma mémoire est un joli jardinet plein de démons terribles et merveilleux où l’amour de moy s’est y enclose.

  • Slam de meulière 

    Le pavillon de meulière

    Le pavillon de meulière
    Qu’il soit cossu
    Ou qu’il soit reclus
    Entre les tours de verre
    Discourt à la manière
    De Jeanine la ménagère
    Trentenaire en après guerre

    Mes pas coulaient entre ces pierres
    Puis dans ceux de ma mère
    Couleur hippie trentenaire
    Ils avaient les voix des mères
    Ces voix visionnèrent, guidèrent
    Mon errance passagère

    Le pavillon de carrière

    Le pavillon de carrière
    Ménage les tours de verre
    Jeanine, tes pierres
    Ont les voix populaires
    Des zones pavillonnaires
    Les hippies cossus
    Le chanté de ma mère,
    Ses lendemains s’époumonèrent

    Vos fronts alanguis
    Suent leurs discours de carrières
    Depuis des gisants de pierre

    Le cimetière de meulière

    Alanguies dans les pierres
    Vos carrières de meulière
    Me chantent des refrains
    Dans les allées du cimetière

  • L’ineffable

    Le paradoxe de l’indicible

    La poésie dirait l’indicible ? L’ineffable ?
    Mais dire l’indicible, outre l’oxymore, c’est juste montrer que cet indicible nécessitait une forme particulière d’expression pour entrer dans le dicible.
    Cette forme particulière d’expression restait jusqu’alors cachée.
    Il n’était donc pas indicible, seulement non encore exprimé correctement.
    Ce constat initial relevait probablement d’un piège du langage commun
    Si quelque chose est indicible, il est vain de tenter de le dire, y parvenir montre seulement qu’il ne l’était pas.
    Mais ce n’est pas non plus une frontière qui a bougé, car si il y avait une frontière, on verrait de l’autre côté de la limite, et on pourrait le dire, il ne serait donc pas indicible.
    C’est une expérience qui s’accroît de l’intérieur, comme l’expansion de l’univers.
    Un accroissement de la densité duquel jaillit le sens d’un encore informulé à un révélé, c’est le franchissement de cette limite qui est impossible de situer dans le temps,
    La limite temporelle est non mesurable, et le constat se fait à posteriori
    Il y avait là, un informulé qui est définitivement devenu du dicible et ne sera plus, par définition, par construction, un indicible

    Peut-être même est ce une différence ontologique entre ineffable et indicible.
    L’ineffable attend la forme appropriée de son expression
    L’indicible ne sera jamais dit, et ne peut exister, car si déjà on peut l’envisager alors c’est qu’il n’est pas indicible.

  • Segments sédimentaires

    Fixant le sol défiler sous mes pieds

      Se mouvant avec lenteur, l’horizon
    Cadence la frénésie des rives

         Logé en ces chemins suspendus
         Aux temps des points de départ
         Et dans autant de points de vue
         C’est comme être ancré nulle part
         Dans des temps qui se figent
         Et des espaces qui s’écoulent
         Capturés par l’objectif
          Les paysages défigent
         Insoupçonnés l’instant d’avant
         Désormais relégués au passé

        Ces segments sédimentent
        Seules, leurs traces s’encodent
        Persistent et alimentent
        Mon imaginaire superposé
        À la réalité
        Je filme de mon point fixe
        De la translation au transfuge
         Le train de Chihiro glisse
         Dans un mouvement immobile
        Mes yeux enregistrent sans prédire

    Ce que je vais retenir
    Mettra des années à resurgir

    Derrière mes yeux, le je se soustrait

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