Amoral dessein

Prescriptive incarnation de ma pensée 
Entre tes seins, je puise ma raison
Le creux de ton ventre 
Infère mes volontés

Avec ton regard comme prémisse,
Et ta caresse, cette proposition,
Eclot le mystère du sens
Qui se dénoue entre nos lèvres
Pour que s’entremêlent 
Nos corps et, nos esprits
Révélés et, le vertige
De l’abîme dualiste 
Enfin comblé

Élégante ligature

Étole jointive
Tissée de filaments
Nous entrelace
Suave renoncement

Mon étrave
Gracile entravée
Tu m’éprends douce
Ligature confondante
D’attachements croisés
En ligaments assoupis

Retenue de suavité
Et tendue, exhale
Mon exsurgence
Éloquente shibari
Ruisselante déliée

Librement consent

Elégante ligature Étole jointive Tissée de filaments Nous entrelace Suave renoncement Mon étrave Gracile entravée Tu m’éprends douce Ligature confondante D’attachement croisé En ligaments assoupis Retenue de suavité Et tendue, exhale Mon exsurgence Éloquente shibari Ruisselante déliée

Librement consent

Sourire rédempteur

Mon tribunal intérieur est une instance vociférant qui jamais ne cesse de m’imposer ses intuitions sentencieuses. Volontiers, il censure mes appétences, pour mon plus grand bien sans doute. 

Le ventre de mon esprit n’est pas ignifugé, une étincelle sur ta peau suffit à le faire s’embraser. L’évocation de ta taille dévêtue est mise à l’index sitôt surgie la licencieuse image .

L’appel à la culpabilité ne tarde pas. Nulle ficelle n’est trop grossière pour ce juge puritain. Il use de l’artifice, dévoilant à ma concupiscence ton sourire comme une invitation et se targue alors de m’avoir surpris, le cœur battant la chamade, pour mieux instruire ma contrition.

Par ces fils que je rêve de te dévêtir, il m’empêtre. Ta plaidoirie viendra me libérer, de ton prêche viendra mon absolution.

Caresses ontologiques

Substance :
Qui n’a pas besoin d’autre chose pour exister

Propriétés :
Qui n’ont de sens qu’en fonction de la substance à laquelle elles se rapportent

Mes pensées sont des propriétés de ma substance.
Elles ne sont inspirées que par mon désir de toi; est ce à dire que je ne suis matière que grâce à tes propriétés ?

Ton corps, sous son influence, mes propriétés sensorielles s’émerveillent. 
De tes doigts émerge cette confusion qui mêle mes propriétés et ton essence.
Et de la malice qui anime tes propriétés  surgit le frémissement qui éveille ma substance.

Epigramme

Ton épigramme sur mon écran
Et
Les débordements de ton désir ruissellent
Tes yeux escamotent les murs et ta voix émerge 

Tes évocations créent une osmose entre nos ventres distants
Amants virtuels, nous transposons nos pensées
Tes caresses vocales me téléportent
Mes images t’incorporent
La fièvre des mots coule 
Sur nos cuisses

A chaque ponctuation de ton souffle
Une saccade de mes vers te sculpte
Nos doigts écrivent notre histoire
Sur nos peaux méritoires

Ombre portée

Tu peins le fond de ma boîte crânienne
De tes doigts surgissent l’ambivalence 
Et le souffle des mots
Ton ombre portée sur mon désir hante 
Mes heures comptées, niché entre tes seins

Tes doigts sont l’incandescence
Le pourpre sur tes ongles
Les marques sur mes reins
De ta livrée ouverte au bas de ton ventre 
L’or m’a enivré
Tes pupilles dilatées
M’ont aveuglé

Mes lèvres meurtries
Du sang séché 
Sur mon glaive érigé
A coulé sur tes mains
Dans un sourire
Je me suis éteint

Le cantique

Mes doigts caressent tes vocalises
Ta voix épouse ma matrice
Nos champs épidermiques,
Traversés d’ondes en oscillations,
Se superposent.
A chaque intersection
Nos dimensions se transposent
Nos pulsations s’intriquent point à point
Nos sensations ouvrent des abîmes
Tu m’observes
Quand enfin je m’effondre

Tes raies spectrales

Ton ventre est la mer
Et le champs des possibles
Des raies spectrales
Au fond de toi, scintillent
Comme des ondes
Où je me noie

Je m’immisce sous ton masque
A coeur béant
Comme une plaie
Ouverte dans ton intimité

Mon tenseur déployé
Dans le chant de ton espace
En contorsions
Nos forces se conjuguent
En d’infinis soupirs
Qui se propagent
Dans tes yeux céruléens