Le pavillon de meulière Qu’il soit cossu Ou qu’il soit reclus Entre les tours de verre Discourt à la manière De Jeanine la ménagère Trentenaire en après guerre
Mes pas coulaient entre ces pierres Puis dans ceux de ma mère Couleur hippie trentenaire Ils avaient les voix des mères Ces voix visionnèrent, guidèrent Mon errance passagère
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Le pavillon de carrière
Le pavillon de carrière Ménage les tours de verre Jeanine, tes pierres Ont les voix populaires Des zones pavillonnaires Les hippies cossus Le chanté de ma mère, Ses lendemains s’époumonèrent
Vos fronts alanguis Suent leurs discours de carrières Depuis des gisants de pierre
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Le cimetière de meulière
Alanguies dans les pierres Vos carrières de meulière Me chantent des refrains Dans les allées du cimetière
La poésie dirait l’indicible ? L’ineffable ? Mais dire l’indicible, outre l’oxymore, c’est juste montrer que cet indicible nécessitait une forme particulière d’expression pour entrer dans le dicible. Cette forme particulière d’expression restait jusqu’alors cachée. Il n’était donc pas indicible, seulement non encore exprimé correctement. Ce constat initial relevait probablement d’un piège du langage commun Si quelque chose est indicible, il est vain de tenter de le dire, y parvenir montre seulement qu’il ne l’était pas. Mais ce n’est pas non plus une frontière qui a bougé, car si il y avait une frontière, on verrait de l’autre côté de la limite, et on pourrait le dire, il ne serait donc pas indicible. C’est une expérience qui s’accroît de l’intérieur, comme l’expansion de l’univers. Un accroissement de la densité duquel jaillit le sens d’un encore informulé à un révélé, c’est le franchissement de cette limite qui est impossible de situer dans le temps, La limite temporelle est non mesurable, et le constat se fait à posteriori Il y avait là, un informulé qui est définitivement devenu du dicible et ne sera plus, par définition, par construction, un indicible
Peut-être même est ce une différence ontologique entre ineffable et indicible. L’ineffable attend la forme appropriée de son expression L’indicible ne sera jamais dit, et ne peut exister, car si déjà on peut l’envisager alors c’est qu’il n’est pas indicible.
Se mouvant avec lenteur, l’horizon Cadence la frénésie des rives
Logé en ces chemins suspendus Aux temps des points de départ Et dans autant de points de vue C’est comme être ancré nulle part Dans des temps qui se figent Et des espaces qui s’écoulent Capturés par l’objectif Les paysages défigent Insoupçonnés l’instant d’avant Désormais relégués au passé
Ces segments sédimentent Seules, leurs traces s’encodent Persistent et alimentent Mon imaginaire superposé À la réalité Je filme de mon point fixe De la translation au transfuge Le train de Chihiro glisse Dans un mouvement immobile Mes yeux enregistrent sans prédire
Ce que je vais retenir Mettra des années à resurgir
Ton souffle alizée Ouvre ton ouvrage En forme d’invite Sur les sentiers d’une odyssée Au gré de ta rose des vents
Mêlant aux traverses Vertes de ta forêt noire Ton encre profonde,
Feuillets dévoilés Feuillets entrouverts, Floute mes contours Epouse tes lignes Courbes et plissées
Aux douces saccades Orientées Express, Tu destines ton cardinal Point de notre étape centrale A mon errance digitale De paysages traversés En pages enluminées De ta peau, le rouge vélin
La voiture pullman rythme L’allure de tes doigts vifs et sûrs Pérégrins des enluminures
L’incarnation de nos tracés Souligne le trait sous tes doigts Confondant la voie Pour que tu me retiennes En suspens avant que tu viennes
I/ La Route L’ancienne route Redevenue sauvage Son enrobé lézarde Boursouflé par la sève Des racines pugnaces
Oubliée des métalliques berlines, Parcourue de poussières de songes Empruntés aux vieilles limousines
Ses certitudes se fissurent
La crâne bitumineuse certaine Que rien ne viendrait jamais Étouffer ses acouphènes, Trop lisse, émiette l’horizon De ses noirs rubans
La longue croûte goudronnée, Est comptable de ce cauchemar linotypé
Elle reproduit à l’envie Les dépouilles morcelées,
De cadavres exquis
II/ Les Cours de Tennis
Les vieux cours de tennis Aux filets affaissés, psalmodient Aux dalles disjointes De la terrasse vétuste, Les sons surannés Des récits héroïques.
Des vestiges en polos blancs, Raisonnent les ombres froissées
Leur verni
Le rebond étouffé, D’un entregent usé D’entre guerres passées Et d’outre … tombe Sur leur terre battue Par un fringant replis qui retombe
Gerce
Par bribes acouphéniques Le Lalique régresse
III/ La Rouille
Du métropolitain, les ferronneries Contemplent le crocodile Mousquetaire, Desquament leurs armures Rouillées… Sous sa peau De bakélite, la TSF de Seine et Oise Fomente et commente Cette Drôle de Guerre
Le revêtement
De façade haussmannienne Encore toute infatuée Toise la campagne Qui fourmille si proche Et si lointaine riveraine Du Pont de Neuilly
Se fissure
Acouphénies : le Spray anti craquelures
Les tôles des Tractions avant
Se faufilent par-delà La Zone éclectique Le Gang fuit la Seine, Cet avenir d’époque Département électrique,
Après le renouveau des tram couleur de suie Se chevauchent et dévoilent Leurs peaux éparses et figées Entremêlant leurs routi(in)ères saignées
Tes effleurements louvoient Ils vouvoient mes émois, Soudoient mon surmoi Tes doigts me fourvoient Quand je ploie Ils me tutoient
Ces discrets narquois Louvoient et sursoient
Alors sous ton œil matois Tu accrois le rythme de ta loi Et tes effleurements tutoient Jusqu’à l’affleurement de ma voix Diffuse dans l’au-delà du moi, Tu m’échois
Cette rupture de la régularité D’un surcroît de toi
Tu me conduis sur les sentiers sinueux dans les secrets de ton âme Au-delà de toute pudique retenue Dans ce désir de me dévoiler ce que cela fait d’être toi. Du bout de ta voix, Tu me poses avec une audace Contenue, L’étau virtuel de ton vertige Sensuel, sous L’incommensurable grâce De tes soupirs gênés, Soudainement révélée